Google, Facebook et Apple dominent l’École

 

internet enfant high tech facebook google ipad

Ce n’est pas la lecture de quelque ardu rapport ou bien d’avoir assisté à la conférence d’un lumineux expert qui me fait dire cela, c’est simplement l’observation quotidienne, et c’est ce qui rend la chose d’autant plus frappante.

google apps école

Je n’ai pas fait le compte mais je crois bien que 80% des CV que je reçois lorsque je poste une offre de stage ou d’emploi ont pour e-mail de contact Gmail. Ma nièce (11 ans !) a enregistré ses cours dans Google Agenda, qui l’alerte avant chaque séance.

On imagine aisément le travail de groupe sur les documents Google, combien plus adapté à cela que les logiciels de bureautique Word ou Open Office, grâce à sa gestion des versions, à son système de commentaires, à l’édition simultanée par plusieurs utilisateurs, au système d’alerte en cas de changement, etc. Gtalk, embarqué dans Gmail, est un outil de conversation (chat) écrite, audio ou video très pratique. Enseignants ou élèvent peuvent créer un blog aisément avec Blogger. Etc.

Ces outils sont simples et gratuits, et Google ne ménage pas ses efforts pour les populariser dans le milieu scolaire.

facebook-ecole

C’était il y a un mois environ. J’étais dans le métro, non loin d’un groupe d’adolescentes. Elles parlaient et riaient quand, à un arrêt, l’une d’elle se leva et lança à ses amies : « On se retrouve sur Facebook ».

Chacun peut en témoigner, et les enseignants peut-être plus que quiconque, Facebook est pour les jeunes le téléphone d’aujourd’hui. Ils s’y regroupent, échangent, draguent, partagent, jouent, publient, etc.

Facebook, c’est bien connu, était d’abord en quelque sorte l’intranet des étudiants d’Harvard, avant de s’étendre aux autres universités américaines (il fallait un e-mail en « .edu » pour l’utiliser) puis de s’ouvrir au monde pour dépasser les 800 millions de membres.

Et si aujourd’hui Facebook semble avoir quelque peu délaissé ses origines, il reste qu’il a été construit autour des usages des jeunes. Facebook est aussi entièrement gratuit.

ipad-education

J’enseigne depuis 37 ans et je n’ai jamais connu un changement qui ait inspiré de tels modifications de l’enseignement.

Ce sont les mots d’un enseignant écossais au terme d’une expérience où tous ses élèves ont été équipés d’un iPad. Ils semblent en redemander. Du reste, quand j’ai mis le jouet l’appareil dans les mains de ma nièce, j’ai bien vu comme elle l’a d’emblée adopté.

Plus généralement,  il gagne du terrain dans toute l’Amérique et Apple, qui n’est pas dupe, ne ménage pas ses efforts (y compris financiers). Par exemple, il dévoue à l’éducation et à l’iPad de larges sections de son site mais également de sa boutique en ligne d’applications (l’App Store).

L’objet n’est certes pas gratuit mais, comme par miracle, des budgets semblent se débloquer ici et là !

Plusieurs réflexions me viennent à l’esprit. D’abord, que les produits sont bons et que les entreprises qui les produisent savent comment les promouvoir. On voudra riposter par des discours populistes (« hégémonie yankee », « commercialisation des données de nos enfants », etc.), des taxes, des restrictions, des procès… parce que cela est bien plus facile que de se regarder dans la glace et de se demander : « Comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’acteur je ne dis pas français mais européen capable de s’imposer avec un tel succès ? »

L’enjeu sur ce type de marché est bien connu. On peut accepter de ne pas gagner d’argent (ou d’en gagner moins, voire même d’en perdre) car on accoutume des générations à son produit, sa marque. C’est une forme d’investissement.

Beaucoup arborent le problème du respect de la vie privée, de la confidentialité, de la sécurité, etc. Ce n’est pas infondé, mais il semble que les nouvelles générations s’en moquent.

Les données de générations entières sont stockées sur les serveurs de Google et Facebook : qu’en font-ils ? Ils en savent en tous cas peut-être plus que les gouvernements de cette population !