Matinale numérique #4 : La khan académy et les nouveaux modes d’apprentissage

[intro]Ce matin, à quelques rues de la porte de Versailles, se déroulait dans les bureaux d’Orange la quatrième matinale numérique organisée par la Fondation Orance. Jérémy Lachal, directeur de l’ONG Bibliothèque Sans Frontière, venait nous présenter l’avancement du projet d’adaptation en langue française des contenus de la Khan Academy.[/intro]

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Depuis une semaine en effet, la Khan Academy fait parler d’elle en France. Cette association à but non lucratif américaine fondée en 2006 par Salman Khan (américain d’origine bangladaise) héberge sur un site internet du même nom plus de 3000 ressources éducatives. Alors pourquoi ce soudain intérêt de la part des médias français ? Tout simplement parce que Bibliothèque Sans Frontière, une ONG créée  par Patrick Weil en 2007 a entrepris un vaste travail d’adaptation des ressources de la Khan Academy à destination du public français. A l’heure actuelle, ce sont plus de 300 contenus vidéo qui sont disponibles sur le site français. Jérémy Lachal nous a par ailleurs dévoilé son objectif de mettre à disposition 800 cours d’ici la fin d’année 2013.

La matinale portait donc sur le travail de la Bibliothèque Sans Frontière, soutenue par la Fondation Orange, sur les avantages de la « méthode Khan », mais également sur les interrogations et les inquiétudes que ce mode d’apprentissage peut soulever.

Ainsi, pour Jérémy, la Khan académy présente trois qualités principales :

  • la gratuité : tout le monde a accès à la Khan Academy
  • La longueur des vidéos : toutes les vidéos font moins de 12 minutes (anecdote expliquant cette durée : il s’agissait tout simplement de la limite de temps que YouTube imposait aux comptes gratuits) ce qui est bien plus facile à visionner pour des élèves que des cours de plus d’une heure (on pense notamment aux cours de Courserama)
  • La simplicité et l’aspect pratique des solutions utilisées : Jérémy prend notamment l’exemple du choix du player vidéo. Les vidéos étant hébergées sur YouTube, n’importe qui peut les intégrer à son blog, son site, ou partager directement leur lien par email.

Mais derrière l’aspect simpliste que peut inspirer la mise à disposition de vidéos en ligne, on retrouve le véritable potentiel de la Khan Académy dans son espace de « coaching », où les élèves peuvent réaliser des exercices, valider des connaissances et s’entraider, le tout sous contrôle de leurs professeurs, leurs parents. L’approche pédagogique finale étant la mise en place d’un système de classes inversées : l’élève regarde les cours chez lui, et fait les exercices, pose ses questions, et débat en classe avec le professeur et les élèves.

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Cette approche est intéressante car le métier de professeur prend tout son sens lorsqu’il s’inscrit dans un cadre participatif. A quoi bon aller en cours pour noter sur un carnet et ne pas pouvoir échanger ? Le seul véritable danger de ce type d’enseignement se trouve dans le processus de création unilatérale du contenu. En effet, dans le cas de la Khan Académy, Salman Khan a enregistré lui-même la plupart de ses vidéos, ce qui pose le problème d’un enseignement à vision unique, notamment sur des sujets complexes sujets à interprétation comme l’histoire ou l’économie. Il me semble que c’est là le vrai danger des cours en ligne et il va falloir trouver un système permettant de réduire ce danger.

Mais comme le disait Jérémy Lachal, la Khan Academy apporte un souffle nouveau sur le monde de l’éducation, que ce soit en faisant monter des critiques ou en dynamisant une réflexion autour du numérique. Ne serait-ce que pour cela, elle rend bien service à notre société.