La philo en petits morceaux : pour réfléchir aux sciences en classe

Dans le cadre d’une réforme des programmes scolaires, la commission ministérielle de 1972 proposait pour les classes de quatrième et de troisième, la définition de ligne droite qui suit :

« on appelle droite un ensemble D d’éléments dits points, muni d’une bijection g de D sur IR, et de toutes celles f qui s’en déduisent de la manière suivante : a étant un nombre réel arbitraire on a : soit f ( M ) = g ( M+A ) [ …]. »

 Un certain François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste ironisait :

« Restent quelques bijections, un repère normé et une abscisse à insérer dans le raisonnement, Chère ligne droite ! Paul Fort, ce vrai poète […], avait une autre façon d’en parler : « Le plus court chemin d’un point à un autre, c’est le bonheur de la journée ». »

Bien que l’excès de formalisme des maths modernes « ait disparu » des programmes scolaires, théorèmes et corollaires restent pour beaucoup d’élèves de pures abstractions inutiles et vides de sens. Dans l’espoir de les réconcilier aux sciences, de petites doses de philosophie peuvent être injectées, ici ou là, au gré des chapitres abordés. Si les élèves n’apprendront pas à résoudre les équations du second degré, cette approche transversale leur permettra d’appréhender les sciences autrement, et pourquoi pas, créera de l’appétence pour les matières scientifiques.

Dans cette perspective, Le Laboratoire des Sciences et de Philosophie Henri Poincaré propose une série de 6 films d’animation consacrée à la philosophie des sciences. À la fois ludiques et accessibles, ces petits films abordent quelques grandes questions d’épistémologie et de philosophie des sciences : La science a-t-elle réponse à tout ? Qu’est-ce que changer de paradigme ? Qu’est-ce qui caractérise une théorie scientifique ? Quelle est la cause de la cause ? Esprit es-tu là ? Etc… Bref, un très beau matériel pour amorcer ou illustrer une réflexion philosophique et/ou scientifique. En voici un exemple :

Comment les mathématiques, qui sont pourtant un produit de la pensée indépendant de l’expérience, rendent-elles compte si excellemment de la réalité ?

En complément, l’académie de Nantes propose l’étude des textes suivants :

« La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l’univers, mais on ne peut le comprendre si l’on ne s’applique d’abord à en comprendre la langue et et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d’en comprendre un mot. Sans eux, c’est une errance vaine dans un labyrinthe obscur. »

 Galilée

« À cette question, il faut, à mon avis, répondre de la façon suivante : « Pour autant que les propositions de la mathématique se rapportent à la réalité, elles ne sont pas certaines, et pour autant qu’elles sont certaines, elles ne se rapportent pas à la réalité ».  La parfaite clarté sur un sujet n’a pu devenir bien commun que grâce à cette tendance en mathématique qui est connue sous le nom d’axiomatique. Le progrès réalisé par l’axiomatique consiste en ceci qu’elle sépara soigneusement la partie logique et formelle du contenu objectif ou intuitif. D’après l’axiomatique, la partie logique et formelle constitue seule l’objet de la mathématique, mais non pas le contenu intuitif ou autre qu’on lui ajoute. »

  Einstein

Retrouvez tous les films d’animation consacrés à la philosophie des sciences en entrant philo en petits morceaux dans votre moteur de recherche. Bon visionnage !