Une pédagogie « slow-tech » pour les enfants de la Silicon Valley

Alors que bon nombre d’enseignants, intellectuels et responsables politiques n’appréhendent plus le numérique comme un outil parmi d’autres mais comme l’agent d’un changement de civilisation. Alors que l’éducation nationale française mène depuis la rentrée 2013 l’expérience des « collèges connectés », les ingénieurs « surconnectés » d’Apple ou d’Amazon mettent leurs enfants dans des écoles où tout outil numérique – ordinateurs, tablettes ou blogs – est banni. Un quart des 160 écoles Waldorf que comptent les États-Unis  sont pleines d’enfants de cadres de la Silicon Valley qui pourtant travaillent à la construction d’une société irriguée de numérique. Que doit-on en penser ? Un paradoxe ? Un rapport de causalité entre pédagogies alternatives et nouvelles technologies ? Bref, une information qui pose question…

Inspirées des principes de Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie – anthropos, sophia, à la lettre « sagesse de l’homme » – les écoles Waldorf privilégient une compréhension sensible de notre monde et prétendent amener les élèves à une étude et une description du monde aussi claire et précise que celle du monde physique par les sciences. Concrètement, on y valorise le développement sensible, l’apprentissage par le corps et l’apprentissage par l’art remplace un rapport au monde médiatisé par l’ordinateur. La télévision y est aussi déconseillée…En somme, une pédagogie « slow-tech ».

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Chose étonnante voire paradoxale, ces parents « surconnectés » justifient leur choix en évoquant le fait – peut-être isolé – que les fondateurs de Google, Amazon et Wikipédia proviennent de ce genre de pédagogies alternatives : Montessori. D’autres avancent le caractère de plus en plus intuitif des nouvelles technologies, prétendant par là que leurs enfants n’auront aucun mal à s’adapter aux nouveaux outils et à entrer dans l’ère du numérique.

De quoi s’agit-il au juste ? Que penser des arguments de ces parents d’élèves ? Le phénomène surprend et interroge : Y-a-t-il effectivement un rapport vertueux entre pédagogie alternative et nouvelles technologies ? S’agit-il au contraire d’un phénomène de mode ? Ce désir parental n’est-il pas l’expression d’un désir de distinction sociale ? Plus profondément, du désir d’un rapport au monde non médiatisé par l’écran ? D’une relation plus authentique au monde et aux autres ?

Remarque : information rapportée par Xavier de la Porte dans l’émission de France Culture « ce qui nous arrive sur la toile ».